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mardi 15 septembre 2009

Brésil: persécution et assassinat de leaders et de militants ruraux.

CONFÉDÉRATION SYNDICALE INTERNATIONALE

CSI En ligne
134/010909

Brésil: persécution et assassinat de leaders et de militants ruraux

Bruxelles, le 1er septembre 2009 (CSI EnLigne): La CSI se joint à ses organisations affiliées brésiliennes, la CUT, la CNPL, Força Sindical et l’UGT, pour exprimer sa profonde consternation et condamner l’assassinat d’Elton Brum Da Silva, militant du Mouvement des travailleurs ruraux sans terre (MST) et la tentative d’assassinat visant Elio Neves, Secrétaire général de la Fédération des employés salariés ruraux de l’État de Sao Paulo (FERAESP), organisation affiliée à l’Union internationale des travailleurs de l’alimentation, de l’agriculture, de l’hôtellerie-restauration, du tabac et des branches connexes (UITA).

Selon les informations reçues par la CSI, ce militant du Mouvement Sans Terre a été assassiné dans l’État de Rio Grande do Sul par un agent de la Brigade militaire. D’après la FERAESP, la tentative d’assassinat qui visait Elio Neves était « une exécution qui, fort heureusement, a échoué ». M. Neves est l’un des principaux leaders de la lutte pour le travail décent dans le secteur agricole.

Ces faits se produisent dans le cadre plus général d’une violence rurale qui, au Brésil, ne cesse de faire des victimes parmi les travailleuses et les travailleurs, et ils reflètent dans toute sa brutalité la véritable ampleur du conflit pour la terre que le Brésil « traîne » derrière lui depuis toujours, sans lui avoir jamais trouvé de solution satisfaisante.

Dans une lettre adressée aux autorités brésiliennes, la CSI reconnaît l’engagement du Président et de son gouvernement en matière de justice sociale et de respect des droits de l’homme, et elle leur demande de prendre le plus rapidement possible les mesures nécessaires pour trouver les coupables de ces actes et garantir le respect des droits fondamentaux des travailleuses et des travailleurs ruraux, ainsi que des conventions fondamentales de l’OIT ratifiées par le Brésil.

« Les travailleuses et travailleurs ruraux doivent jouir des mêmes droits que les autres travailleurs », a déclaré Guy Ryder, Secrétaire général de la CSI. « Il est indispensable de mettre fin au climat d’extrême violence qui règne dans les zones rurales du Brésil ».

La CSI représente 170 millions de travailleuses et de travailleurs au travers de 312 organisations nationales de 157 pays.
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Pour de plus amples informations, veuillez contacter le service presse de la CSI au: +32 2 224 0204 ou au +32 476 621 018.

mercredi 2 septembre 2009

Harcèlement moral: "La Fouine" et Cie au secours du "Bernard l'ermite".

En 2000, afin de nommer chef du service des Archives un agent contractuel qui allait occuper durant 9 ans le poste, en dépit de plusieurs décisions de justice administrative -contre vents et marées donc- le gouvernement venait de modifier le texte précisant la condition de diplôme nécessaire pour être nommé chef du service des archives, par l’arrêté n° 99-237/GNC du 12 août 1999, en ajoutant des diplômes généraux « n’ayant aucune finalité technique et professionnelle spécialisée » (Dixit le tribunal administratif!).

Il convient ici de préciser que l’archivistique appliquée en Nouvelle-Calédonie est évidemment française et qu’en tant que telle, elle implique une formation de base en histoire, complétée d’une formation technico-professionnelle, spécialisée donc, ce qui semble assez aisé à comprendre… Comme dans tout service d’archives de France et de Navarre, donc, mais il est vrai que la Nouvelle-Calédonie n’est ni la France , ni la Navarre !

En 2000 donc, il m’est arrivé plusieurs non-évènements que je vais néanmoins rapporter ici, pour la petite histoire, parce qu’ils sont amusants (pour moi en tout cas) et révélateurs de certains travers de la nature humaine...

Un jour où j’étais sur le parking de l’université de Magenta, en compagnie d’un ami kanak, que nous appellerons Olivier, sur le point de rejoindre la salle où allait être donnée une conférence en histoire par un spécialiste métropolitain, j’entendis soudain une petite voix m’appeler. Quelle ne fut pas ma surprise d’apercevoir, non loin de là, qui me regardait, un historien local connu pour ses engagements passés (lesquels l’ont amené à pas grand-chose pour être honnête, et son comportement en est, à mon avis, grandement responsable). Surpris, parce qu’en 1995, nous appartenions à deux clans opposés d’un groupuscule dénommé « Génération calédonienne » : lui jouait le tireur de ficelles de l’ombre pendant que moi je faisais partie des jeunes cons qui y croyaient… Il y avait toujours des séquelles, d’où la prudence de son appel sans doute.

Cet individu, que j’avais ainsi indirectement traîné en justice suite à une histoire de trac anonyme mettant en cause ma probité « troudbalienne » (© Francky Lewis), me tint à peu près ce langage, résumé ici :

« Je sais que tu ne vas pas être content, mais Déwé m’a supplié de prendre le poste de chef du service des Archives. Je lui ai dit que je voulais bien, mais le problème, c’est que si je quitte mon poste d’enseignant de la Rivière-salée , je perds la prime, donc, pour compenser, il me faut la maison du gardien des Archives et je vais demander à Yves de ne pas trop faire de frais parce qu’il va devoir partir ». Yves, c’était le collègue à qui venait d’être affectée la maison du gardien, précédemment occupée par l’ancien chef de service. La prime, c'est celle attribuée à ces enseignants qui chaque jour, risque la mort, dans des quartiers à haut-risque, enfin vous savez bien, ceux où on trouve de véritables tueurs en culotte courte...

Je lui ai simplement répondu : « Tu sais très bien que je contesterai toute nomination abusive et sauf erreur, tu n’as pas les titres requis. »

Notre entretien s’est vite terminé, j’ai rejoint l’ami avec qui j’avais rendez-vous et à qui j’ai bien entendu raconté la déclaration du « candidat » au poste de chef du service des Archives.

Le lendemain matin, à peine arrivé au service, j’allais voir le fameux Yves pour lui raconter l’anecdote. Yves me dit : « je sais, il m’a appelé hier soir pour me dire la même chose ».

A cette époque, je devais partir à Marseille pour un congrès syndical. Je me doutais bien qu’il y avait des chances pour que le gouvernement nouvellement installé en profite pour diffuser la vacance de poste de chef du service des Archives. C’est ce qui s’est passé ! Ce n’était pas grave, parce que j’avais remis un dossier complet à mon camarade Claude Yeiwene, et à d’autres... De plus, je suis rentré deux jours avant le dernier délai, bien sûr inconnu à mon départ. J’ai donc pu poser ma candidature, ce qui m’a donné l’indispensable intérêt à agir pour ester en justice, et faire annuler les deux textes pris par le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie : celui ajoutant des diplômes « n’ayant aucune finalité technique et professionnelle spécialisée» à la liste légitime et celui nommant un agent contractuel chef du service des Archives..

Pour en revenir à notre candidat évoqué plus haut, ce fut ce qu’il est d’usage d’appeler « un candidat malheureux » : ce n’est pas lui qui fut l’élu (et il ne fut jamais élu nulle part d’ailleurs), sans doute parce que ce qu’il racontait à chaque coin de rue correspondait très certainement à un désir profond, mais pas à la réalité. Peu après mon retour de Marseille, j’eus de nouveau la surprise de l’entendre, cette fois-ci m’implorer, au téléphone, de faire un recours pour … faire annuler la nomination de l’agent contractuel retenu, parce que lui, il était fonctionnaire et patati et patata... Lorsque je lui ai répondu du tac au tac : « Et pourquoi tu ne le ferais pas le recours ? », il m’a rétorqué: « Je ne peux pas, Déwé a signé l’acte et c’est une amie. » Je lui dis que de toute manière, le recours était prêt et que fort heureusement, je ne l'avais pas attendu pour le préparer…

Pour ma part, j’ai du respect pour Déwé, ce qui ne m’a pas empêché de faire annuler l'inacceptable: ces deux textes, puis, pour détournement de pouvoir, la scandaleuse suppression de la condition de diplômes survenue en 2007… Parce qu’il ne faut pas confondre « respect » et « couardise » : c’est pas pareil.

Le pire c’est que ce monsieur considérait à l’époque que tous les postes qui l’intéressaient lui revenaient de droit au motif qu’à une certaine époque, il avait bidouillé dans le milieu politique. Bref, la même pathologie que l’agent contractuel qui a squatté durant 9 ans le poste d’un fonctionnaire spécialiste.

Au fait, connaissez-vous le surnom de ce candidat malheureux du temps où il faisait de la politique ? Ce sont les membres de son ancien parti qui nous l’ont dit : « La Fouine ».

Pour finir, lorsque la ligue des droits de l’homme a diffusé un communiqué pour demander le respect des décisions de justice, « La Fouine » a fait partie des liches surgies de toute part pour « bramer au clair de lune » et tenter de culpabiliser les membres du bureau de la LDH : « Comment, mais « Le squatteur » est incontournable en Calédonie, et puis surtout il fallait pas prendre position pour Dubuisson, vous savez pas, etc. etc. »

Je ne sais pas ce qui s’est passé entre « La Fouine » et « Le Bernard d’ermite » pour que le premier prenne curieusement la défense du second, mais à mon avis, y’aurait eu de petits arrangements entre amis, option murène sous patate, que ça ne m’étonnerait pas plus que ça…

Il ne faut jamais sous-estimer le capacité de nuisance d’individus tels que ces deux là. La preuve ? Le communiqué de la LDH n’a été ni publié ni même cité par les principaux media de Calédonie (Les Nouvelles, RFO, etc.). C’est pas de bonne vieille censure ça ?

Mais j’avais pris l’habitude : en 1998, lorsque l’ancien chef du service des Archives prit l’avion pour « going home », « La Fouine » remua toute la Calédonie pour la dresser contre moi : j’étais alors le seul local à détenir le diplôme qui faisait tant défaut à ceux qui désiraient accéder aux mines d’informations conservées au service des Archives, et à lui en particulier. Il contribua grandement à me faire une réputation d’Infréquentable, mais je m’en fous : je suis plutôt d’une nature solitaire.

Pour finir, « La Fouine », c’était le surnom que ce « héros » avait en interne, dans son parti.. En externe, il était plus célèbre sous l’appellation de « Timoléon », vous savez, « l'homme au redoutable coup de rein » : ça vous dit quelque chose, maintenant ? Je vous en raconterai d’autres à son sujet, notamment comment ce César de l’enseignement s’est fait poignarder par le Brutus de La Foa , après l’avoir, selon ses propres dires, pistonner pour le faire passer de Bac – 3 à Bac + 4 (ah, le génie du système universitaire français !) à l’EHESS (École des Hautes Études en Sciences Sociales) : ça de base !

Parce qu'à chaque fois, ces histoires d'intérêt personnel ont un lien avec notre activité professionnelle et bien entendu notre cahier de revendications...

Nicolas Dubuisson
Responsable CSTNC Administration générale

mardi 1 septembre 2009

Justice et administration: double vitesse? ou triple? ou plus?

Article lu dans les Nouvelles d’hier.
« Un jubilé et des bosses

Le 1er juin 2008, deux petits groupes avaient décidé de poursuivre la fête du jubilé Karembeu jusque sur la plage de Nouville. Le premier avait déjà pris ses quartiers sur le site tandis que le second était arrivé au petit matin, à bord d’un 4X4 qui s’était fait remarquer avec force dérapages. Ce qui avait été pris pour une provocation. Les choses en étaient rapidement venues aux mains : un coup de tête et la bagarre avait ensuite été générale. L’un des belligérants s’était même retrouvé moitié inconscient, la tête dans l’eau, mais avait finalement pu reprendre ses esprits. Le conducteur du 4X4, lui, était fermement resté au volant de son véhicule puisqu’il n’avait pas hésité à foncer sur des membres de l’autre groupe. Mauvaise initiative, surtout venant d’un policier de la Bac, muté depuis dans un autre service. Vendredi, les huit personnes impliquées dans cette bagarre générale ont été condamnées à des peines avec sursis allant de deux à cinq mois. Un seul a écopé d’une peine ferme. Et le tribunal a refusé la non-inscription de la peine au casier du fonctionnaire. »

Dire que le 1er février 2008, je passais en conseil de discipline pour des « injures, menaces et diffamations », accusations qui n’ont jamais fait l’objet de la moindre plainte, et pour cause : ces délits n’ont existé que dans l’esprit d’un pistonné maintenu durant 9 ans à un poste auquel il ne pouvait prétendre, avec l’appui d’un fan club de liches…

Une mutation d’office pour le flic qui a foncé sur un groupe ? Pour moi, le conseil de discipline béni oui-oui a proposé la révocation!

Que dire de plus ? Vive la justice coloniale, bien sûr !

J’ai une question : y aura-t-il procédure disciplinaire ou non, juste comme ça ?

Parce que la justice à deux vitesses, on connaît, en Frônce: une pour les riches, une pour les autres. Mais la justice à triple vitesse telle qu'on la connaît au Pays, il faut le voir pour le croire... Moi, mes plaintes au pénal, c'est bien simple: elles ont toujours été classées sans suite ou ont abouti à des non lieu. Jusqu'à présent!

Nicolas Dubuisson
Responsable CSTNC Administration générale

Cahier de revendications CSTNC et ADN: un destin commun!

La nécessité de protéger l'emploi local et de contrôler l'immigration, pour ne parler que de ces questions là, constituent des points de notre cahier de revendications ainsi que des notions précisées par le préambule de l'accord de Nouméa.

A ce sujet, voici le compte rendu des séances des 11 et 16 juin 1998 à l'Assemblée nationale, pour ceux que l'ADN intéresse:

On y parle de destin choisi, de destin partagé, de destin commun aussi, mais uniquement pour les Kanak et les Caldoches (une majuscule svp). Oh mon Dieu, y'aurait donc rien de commun pour les autres?

A noter: le projet de loi constitutionnelle relatif à la Nouvelle- Calédonie a remplacé in extremis un projet de loi relatif aux enquêtes techniques sur les accidents et les incidents dans l’aviation civile... ça ne s'invente pas!

Nicolas Dubuisson
Responsable CSTNC Administration générale

Gros Plan sur Baiba Cadore ( LIZDA – Lettonie).

CONFÉDÉRATION SYNDICALE INTERNATIONALE


CSI En ligne
133/280809

Gros Plan sur Baiba Cadore ( LIZDA – Lettonie)

La politique anticrise dictée par le FMI fait des ravages dans l’éducation

Baiba Cadore, 29 ans, travaille comme enseignante à l’Institut technique de l’industrie légère, à Riga, capitale de la Lettonie. Conséquence d’un programme de réformes drastique mis en œuvre par le gouvernement, à la recommandation du Fonds monétaire international, son emploi comme celui de ses collègues est fortement menacé.

A l’approche de la rentrée scolaire, vous êtes parmi celles et ceux dont les emplois dans l’éducation sont en péril?

En effet. Le ministère de l’Education et de la Science a décidé de fermer l’Institut technique de l’industrie légère de Riga, où je travaille. Le ministère cherche à faire des économies sur notre institut vu que le nombre d’étudiants ne cesse de décroître. Selon toute apparence, le directeur de l’institut était au courant des plans de restructuration mais s’est gardé d’en parler aux enseignants. Ce n’est que lorsque le ministère a communiqué le texte définitif du projet que nous en avons été informés. Une situation étrange s’est produite dans le secteur de l’éducation. Les salaires des enseignants ont été revus à la baisse, au début de l’année, les enseignants ont vu leurs salaires réduits d’entre 15 et 30 pour cent. Personnellement j’ai déjà perdu 15% depuis janvier et le gouvernement a annoncé en juin que les salaires des enseignants seront réduits de moitié en septembre (1). Les salaires des directeurs d’écoles ont, eux, été maintenus, pour qu’ils ne se plaignent pas, se tiennent à carreau et ne se rallient pas à la lutte de leurs collègues.

Quels types de programmes d’enseignement spécialisés sont offerts à l’Institut technique de l’industrie légère de Riga ? Ces programmes ne répondent-ils pas aux besoins actuels du marché du travail en Lettonie ?

C’est le seul endroit où l’on enseigne le dessin textile. En fait, il s’agit du seul institut technique de Lettonie à former des spécialistes de l’industrie légère. Bien que le secteur de la manufacture textile soit en déclin en Lettonie, cela ne signifie pas que qu’il n’y ait pas un besoin de spécialistes. J’enseigne le dessin assisté par ordinateur depuis 3 ans.

A ma connaissance, l’UE soutient la rénovation des écoles professionnelles et le développement de programmes éducatifs. L’Institut technique de l’industrie légère de Riga a-t-il bénéficié de ces fonds ?

Oui, une quantité importante d’argent provenant du FSE a été consacrée à la rénovation de l’institut. Grâce à ces fonds, l’infrastructure de base de l’institut a pu être rénovée. Le ministère de l’Education et de la Science s’apprête à fermer non seulement notre collège mais aussi plusieurs autres centres. Cependant, il ne semble pas être fixé sur le nombre d’écoles à fermer ou le motif des fermetures. Une partie des écoles sera réorganisée à travers des fusions.

Combien de personnes seront licenciées ?

Notre institut emploie 34 enseignants et du personnel administratif. Après restructuration, une moitié d’entre nous pourra reprendre le travail mais seulement à temps partiel et moyennant une réduction de moitié du salaire des enseignants.

Vous et vos collègues êtes donc obligés d’évacuer les locaux de l’Institut technique de l’industrie légère de Riga ? Savez-vous ce qu’adviendra de ces locaux par la suite ?

Il serait apparemment prévu que le ministère de l’Education prenne possession de l’immeuble pour y installer un de ses départements, étant donné le coût exorbitant du bail dans le vieux centre de Riga. Vu le contrôle qu’exerce le ministère de l’Education sur notre école, prendre possession du bâtiment représente une simple formalité. Aucune raison claire n’a été avancée pour justifier cette prise de possession. Cependant, lors d’une visite quelques jours auparavant, des représentants du ministère ont signalé qu’ils avaient tout simplement besoin du bâtiment.

Obtiendrez-vous une indemnisation en cas de licenciement ?

Oui, je recevrai des indemnités mais seulement pour un mois. Le gouvernement a récemment adopté une nouvelle loi en vertu de laquelle l’indemnité allouée équivaudra à un mois de salaire pour les jeunes travailleuses et travailleurs et à un mois et demi de salaire pour les travailleuses et travailleurs avec quinze ou plus de quinze ans d’ancienneté. J’irai, pour ma part, rejoindre les rangs des personnes sans emploi, je pointerai à la bourse du travail et j’aurai probablement droit aux allocations de chômage durant trois mois ou moins. Je ne sais même pas pour combien de temps vu que nos lois changent toutes les semaines.

Le gouvernement s’est-il prononcé au sujet du financement des programmes de recyclage pour les personnes sans emploi ?

Le ministère de l’Education a promis d’octroyer des bourses de formation recyclage à hauteur de 20 millions de lats. Mais leurs plans déclarés sont, comme toujours, très vagues et je ne suis pas certaine que l’argent sera effectivement affecté à cette fin.

Votre mari travaille-t-il ?

Oui, mon mari Regn?rs travaille dans le secteur de la construction. Son entreprise exécute des chantiers publics, ce qui implique un risque de voir disparaître ces emplois à force de restrictions budgétaires. Déjà maintenant les salaires sont en retard et dans quelque temps, il pourrait se retrouver sans emploi.

En quoi votre vie a-t-elle changé ?

Nous vivons dans le pessimisme et l’incertitude. Je ne suis pas sûre de ce que nous ferons après. En ce moment je recherche activement un nouvel emploi. Je me suis mise à me demander si je devais changer de profession e. Nous avons même pensé quitter Riga – pour aller vivre à l’extérieur de la capitale, où le coût de la vie est nettement inférieur. On fait plus attention aux remises dans les supermarchés, à ce qu’on va acheter.

D’après vous, la réduction du budget dévolu à l’éducation relève-t-elle d’une initiative du Fonds monétaire international ou du gouvernement letton ?

C’est le FMI qui nous a imposé ce « devoir ». Une recommandation a été faite en vue d’une réduction des coûts. Outre les salariés de l’enseignement, des employés du secteur de la santé, des policiers et des sapeurs-pompiers ont également perdu leur emploi. Les réductions salariales ont porté sur l’ensemble du secteur public, où les salaires ont reculé de 20 pour cent. Ils ferment des écoles, des hôpitaux et même des écoles de police.

Selon vous, le gouvernement devait-il prendre ces mesures ou aurait-il pu s’en sortir autrement ?

Le gouvernement aurait dû mettre sur pied un système où les personnes à revenus plus élevés payeraient plus d’impôts. A l’heure actuelle, vu la diminution des postes de travail et la hausse du chômage, le gouvernement ne collecte pas suffisamment d’impôts pour le budget et ne peut donc affecter des ressources supplémentaires aux besoins sociaux. La situation s’est détériorée mais j’ignore quelle est la solution à ce problème.

Pensez-vous pouvoir survivre sans le prêt du FMI ?

Je ne sais pas. Je ne dispose pas de suffisamment d’informations pour pouvoir l’affirmer. Il n’y a pas beaucoup de discussions à ce sujet.

Êtes-vous membre d’un syndicat ?

Oui, j’ai adhéré au Syndicat des travailleurs de l’éducation et de la science. J’avais participé à divers événements syndicaux, rencontré des collègues et obtenu des conseils. Je suis membre du syndicat depuis plus d’un an déjà.

Les syndicats lettons se montrent-ils suffisamment actifs en ces temps de crise et sont-ils en mesure d’aider les travailleurs ?

Naturellement, les syndicats aident énormément. Les représentants sont constamment engagés dans des négociations avec le gouvernement sur les amendements qu’ils souhaitent voir adopter. Les syndicats ont réussi à limiter le nombre de licenciements. Ils surveillent activement le processus en cours et organisent des manifestations.
Le défilé du 2 avril a rassemblé des milliers d’enseignants. Les enseignants ont défilé dans Riga durant plusieurs heures.

Et la manifestation de janvier, quand l’émeute a éclaté …

Oui, il y avait beaucoup de gens. J’y ai participé. Mais je me sentais menacée dès le début, lorsque je me suis retrouvée au milieu d’une foule de jeunes qui parlaient majoritairement le russe et qui semblaient déterminés à causer des problèmes. Tout le vieux centre de Riga regorgeait de jeunes en état d’ébriété. Puis les émeutes ont éclaté. Cet événement n’était pas organisé par les syndicats. Un des partis lettons en était responsable. Bien qu’il s’agît d’un rassemblement pacifique de personnes voulant attirer l’attention sur les droits humains et les projets de loi iniques adoptés récemment au parlement, les choses ont mal tourné.

D’après vous, la situation en Lettonie va-t-elle s’améliorer ou se détériorer sur le court terme ?

Je pense qu’elle ne peut que se détériorer. Il n’y a pas le moindre signe d’une amélioration et l’automne risque d’être encore pire. Les autorités devraient réfléchir et arrêter de licencier en masse. Chaque employé contribue au budget tous les mois et chaque licenciement prive le budget de fonds. Je dirais qu’il vaudrait mieux réduire les impôts et stimuler les petites et moyennes entreprises, améliorer l’économie et injecter plus d’argent dans le budget. Il y a un besoin de créer de nouvelles entreprises mais non de les fermer. Les agriculteurs se trouvent, eux aussi, dans une impasse, à cause de la chute des prix d’achat du lait et des laitages. Cependant les prix de vente en magasin restent inchangés.

Faut-il s’attendre à de nouveaux troubles sociaux en Lettonie ?

Je pense qu’il y en aura, y compris parmi les enseignants qui ont perdu leur emploi. Je trouve qu’ils le « doivent » au gouvernement. Le syndicat des travailleurs de l’éducation y contribuera certainement.
Le gouvernement affirme qu’il y a un excédent d’enseignants. D’après des statistiques publiées récemment par le ministère de l’Education, le rapport enseignants-étudiants en Lettonie est de 1 pour 6 seulement. J’ignore si ce chiffre est correct. Ils parlent d’un déclin du nombre d’étudiants. Mais si vous regardez les jardins d’enfants, les taux de natalité sont si élevés qu’il n’y a pas suffisamment de places pour les enfants. Pour chaque enfant accepté dans une école maternelle, un autre doit s’inscrire et se joindre à la file d’attente. Dans la ville de Riga, en particulier, il y a une pénurie d’écoles maternelles.

Renarts, mon fils de 7 ans, est aujourd’hui en première année. Son école primaire procède, elle aussi, à une réduction du personnel enseignant. Auparavant, les classes de primaire étaient formées avec un minimum de 15 enfants mais aujourd’hui une classe est censée avoir au moins 34 enfants. Deux enseignants de primaire ont déjà perdu leur emploi à cause du « manque » d’élèves. L’école de notre fils Renarts a donc, elle aussi, souffert.

Propos recueillis par Kestutis Salavejus.

(*)Latvijas Izgl?t?bas un Zin?tnes darbinieku arodbiedr?ba (LIZDA): Syndicat des travailleurs de l’Education et des Sciences.

(1) Les salaires des fonctionnaires avaient déjà été diminués d’au moins 15 pour cent en décembre dernier et à la mi-juin, le gouvernement a annoncé que les salaires de tous les enseignants seront réduits de moitié au 1er septembre. Ce 1er juillet, les pensions ont été amputées de 10% pour les pensionnés qui n’exercent plus d’activités et de 70% pour les pensionnés encore en activité. Par ailleurs les parents qui travaillent perdent 50% des allocations familiales.

La CSI représente 170 millions de travailleuses et de travailleurs au travers de 312 organisations nationales de 157 pays.

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